Tennis
Arthur Fils : Thierry Tulasne le voit « bien plus haut que 9e »
Pour Thierry Tulasne, 10e mondial il y a quarante ans, Arthur Fils n’a que Carlos Alcaraz et Jannik Sinner au-dessus de lui sur une saison. Reste une inconnue avant de viser la première place mondiale : les matchs en cinq sets.

« […] Je ne vois qu’Alcaraz et Sinner qui me semblent au-dessus, sur l’ensemble d’une saison, pour viser la première place mondiale, même si Arthur peut très bien les battre sur un match. » C’est Thierry Tulasne qui parle, dans L’Équipe, au lendemain de l’entrée d’Arthur Fils à la 9e place mondiale. Champion du monde juniors en 1980, 10e mondial en 1986, il a pris ce chemin quarante ans avant le Français de 22 ans, treizième de l’histoire de son pays à entrer dans le top 10.
Tulasne a entraîné Sébastien Grosjean et Gilles Simon lorsqu’ils étaient eux-mêmes dans le top 10 ; il vient de reprendre Harold Mayot, vainqueur de l’Open d’Australie juniors en 2020, avec l’objectif de l’amener au moins dans le top 100. La comparaison avec lui-même, il l’a tranchée : « Arthur a un bien meilleur potentiel que le mien. »
Bien plus haut que 9e, à une inconnue près
La projection d’abord. L’année de Fils est « exceptionnelle », juge Tulasne, parce qu’il « n’a pas tant joué que ça » ; avec une saison complète, «’il ira bien plus haut que 9e ». Sur le jeu : « Il a tout : le jeu d’attaque, il court très vite, il peut défendre, il sert très bien. »
Un doute, et il est localisé : « Le seul domaine où, aujourd’hui, il peut y avoir des questionnements dans sa tête, c’est sans doute par rapport à sa faculté à enchaîner les matches en cinq sets. On ne sait pas encore s’il est capable de le faire et d’arriver assez frais en quarts ou en demies d’un Grand Chelem pour défier les meilleurs. » Ses résultats en Grand Chelem suivent, pour l’instant, cette ligne : une seule fois les huitièmes de finale, à Wimbledon en 2024, jamais dépassés.
Top 10 à peine pris, Tokyo déjà en route
Fils n’a pas eu le temps de le fêter. Passé par les qualifications de l’ATP 500 de Tokyo pour un problème administratif, il a battu Luca Van Assche au premier tour (6-3, 6-2) et attend en huitièmes Frances Tiafoe ou Kei Nishikori, qui dispute à Tokyo le dernier tournoi de sa carrière.
Le classement, lui, n’est pour Tulasne qu’une base : « Plus il va passer du temps dans ses sphères de classement, plus, je pense, il va trouver les petits trucs qui vont le faire avancer vers les sommets. »