Tennis
De Minaur propose un seul lancer de balle au service, sous peine de faute
Après son troisième tour à Shanghai, Alex De Minaur veut interdire le second lancer de balle gratuit et encadrer l’attente entre première et seconde balle. Une opinion de joueur, pas un projet de l’ATP.

Shanghai, dimanche soir. Alex De Minaur vient de passer Rei Sakamoto au troisième tour du Masters 1000, et il parle règlement plus que jeu. Le 9e mondial voudrait qu’un serveur n’ait droit qu’à un seul lancer de balle.
« Je n’autoriserais qu’un seul lancer de balle, a-t-il détaillé en conférence de presse. Une fois que le lancer est effectué, vous devez servir quoi qu’il arrive. Si vous décidez de ne pas le faire, c’est une faute. » Il vise une habitude que tout relanceur connaît : le lancer abandonné au moment de frapper, suivi de la routine rejouée de zéro. « C’est une sorte d’astuce dont les joueurs profitent parfois : quand ils s’apprêtent à servir et qu’ils ratent leur lancer, ils peuvent recommencer toute leur routine. »
Le trou des 25 secondes
Le règlement actuel donne 25 secondes au serveur avant sa première balle, décompte lancé dès que l’arbitre de chaise a enregistré le point. Entre la première et la seconde balle, aucun temps n’est décompté. Le serveur qui laisse filer son lancer peut donc souffler, reprendre sa routine, et renvoyer à zéro un relanceur qui venait de trouver son rythme. De Minaur se dit aussi favorable à un délai entre les deux balles : les deux faces du même gain de temps.
« Il a raison à 1000 % »
Brad Gilbert, ancien entraîneur d’Agassi, Roddick, Murray et Gauff, a applaudi sur X : « Il a raison à 1000 %. Ça fait 40 ans que je le dis : c’est ridicule qu’on puisse avoir autant de tentatives que l’on veut au lancer de balle. »
Aucune réforme n’est à l’étude côté ATP ni ITF : c’est l’avis d’un joueur, pas un calendrier. Un joueur qui sait de quoi il parle : De Minaur a repris la compétition à Shanghai cinq jours après avoir abandonné en finale de Pékin face à Djokovic, et son huitième de finale contre Karen Khachanov arrive mercredi. Tant que le règlement tient, un lancer raté ne coûte rien.